On ne les utilise plus vraiment pour jouer, mais elles deviennnent de ravissantes tables d'appoint, de petits bureaux, et même des coiffeuses.

On a toujours joué dans le Royaume de France, des tavernes jusqu'aux salons. Seules différences : dans les châteaux, on s'intéressait davantage aux échecs, au trictac ou au jacquet; sur le pavé on préférait les dés ou les dames. Mais tout le monde se mettait d'accord devant un jeu de cartes.

 

Chez les pauvres comme chez les riches le jeu aidait à passer le temps. Il permettait aussi aux plus malins d'en vivre car, dans les tavernes, la plupart des parties étaient assorties d'enjeux, modestes mais suffisante pour faire le bonheur des participants.

Avec en prime le goût du risque, car jouer de l'argent constituait un  délit, différemment défini selon l'époque, parfois strictement interdit, parfois toléré.

Ce parfum d'illégalité n'a jamais nui au jeu. au contraire, il a suffisamment émoustillé les esprits libertaires pour qu'ils se prennent.....aux jeux. Et comme on jouait aussi dans les châteaux, la bourgeoisie n'avait plus aucune raison de ne pas s'y plonger, elle aussi.

 

L'odeur du souffre que colporta longtemps le jeu n'est probablement pas étranger à la conception des tables d'origine française. Certes, on ne misait pas 'officiellement) d'argent dans les châteaux mais on ne jouait pas non plus dans les pièces d'apparat. A Versailles comme ailleurs, on préférait les petits salons ou les chambres de dames.

Ces habitudes ont conduit les ébénistes à travailler des tables à jouer spécifiques: des meubles de petite taille, dépliables et à tiroirs presque secrets.

 

Les premières créations apparaissent à la fin du XVIIe siècle, elles se généralisent au XVIIIe et vont cointinuer à se développer au XIXe en respectant les canons des styles en vogue, mais sous de multiples variantes.

Les tables à jeux oont été réalisées en grand nombre pendant ces deux siècles. Et leur petite taille, leur aptitude à trouver une place dans les pièces les plus exiguës les ont aidées à survivre avec au temps.

 

La cour apprécie les jeux de hasard, les échecs, les cartes et le fameux trictrac. Ce jeu de dés donne naissance à un meuble incortournable particulièrement répandu. Rectangulaire, il devient table à écrire lorsqu'il est recouvert de son pl;ateau, un feutre au revers pour les parties de cartes. Le compartiment réservé au trictrac est marqueté d'ébène ou bois noirci.

 

 

Au XVIIe siècle, les tables à jeu s'inscrivent parmi les petits meubles en vogue, leur production augment. Le revers desplateaux se parent de juex de l'oie, d'échiquiers, employés à l'époque tant pour les échecs que pour les dames.

Dès le milieu du siècle, les ébénistes tournent le dos au style rocaille. Place à la ligne droite, à l'Antiquité. Les jeux de cartes sont appréciés: piquet, hombre, quadrille, on s'intéresse au nain jaune, au Whist, au solitaire.

Le brelan est également beaucoup pratiqué, les grandes tables circulaires carastéristiques ont un centre évidé pour y placer un cassotin, une corbeille qui accueille les cartes à jouer et une lampe. Le plateau est aussi fixe ou en demi-lune, le trou est obstrué par un bouchon brisé lorsque la table est repliée.