On file la laine au fuseau depuis huit mille ans comme l'attestent des fusaïoles sur des sites néolithiques.

Cette activité féminime par excellence, pratiquée par les bergères comme par les châtelaines est au coeur de bien des contes traditionnels.

Pratiquée depuis la nuit des temps de façon assez similaire sur tous les continents, la technique de filage au fuseau est simple, mais demande un bon tour de main pour gagner en rapidité et en qualité.

 

 

Les brins de laine , de chanvre ou de lin, déjà lavés, peignés et cardés, donc prêts à être filés, sont placés dans un filet accroché en hauteur ou enroulés autour de la quenouille où ils sont maintenus par un ruban.

Cette seconde tecnique est plus fréquente dans nos régions, elle laisse moins libre de ses mouvements maais permet un filage "ambulatoire" en plein air ou dans n'importe quelle pièce. Simple bâton de bois, la quenouille porte parfois à sa tête (dans le Cantal) un panier en osier  tressé conservant l'excédent de laine à filer

L'autre élément indispensable est le fuseau, composé d'un axe en métal ou en bois dur et d'une fusaïole, cercle lourd servant de volant d'inertie pour une meilleure rotation. La fusaïole peut être taillé d'un bloc dans le même bois que le fuseau ou être amovible.

Si la fusaïole est ourde la tension facile le filage, mais si elle l'est trop, le fil est moins fin.

Les bergères partaient ainsi le matin avec une vingtaine de fuseaux vides dans un panier pour occuper leurs journée.

Quelques femmes âgées nées fin du XIXe siècle pratiquaient encore dans les années 1970, mais simplement pour s'occuper les doigts, pour le plaisir disaient-elles. Leur vue était mauvaise mais la dextérité était toujours là.

 

Apparu au XIIIe siècle, le rouet se généralise fin du XVIIIe, il n'élimine pas la technique précédente (la quenouille et le fuseau s'emportent partout), mais permet un travail régulier plus rapide.

Le rouet se compse d'une roue actionnée à la main ou au pied, et d'une courroie qui entraîne un épinglier et d'une bobine.

 

L'épinglier en U muni de crochets guide-fil reçoit la bobine entre ses bras. Quand la roue tourne le fil se tend, est vrillé par l'épinglier et s'enroule sur la bobine.

Cette actuivité manuelle d'hiver, qui se pratique dans les campagnes à toutes les veillées à partir de la Sainte Catherine, est concurrencée au XIXe siècle par les filatures industrielles et s'efface progressivement.

 Filer est si bien l'apange des femmes qu'on dit autrefois d'un fief sans héritier mâle qu'il tombe en quenouille.

Des bergers pratiquent pourtant cette activité pour s'occuper notamment dans le Limousin. Mais on les surnommait "couvagnades" et on se moquait d'eux.